تلغودة Talruda

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Carum incrassatum Boiss. — Voyage dans le Midi de l’Espagne, ; Bunium incrassatum Battandier et Trabut, Flore d’Algérie, par Battandier et Trabut,Fam. des Ombellifères.

Plante originaire de l’Espagne australe et de l’Afrique boréale, à racine tubéreuse. Tubercule ayant le volume et l’aspect d’une Truffe de moyenne grosseur, rugueux, mamelonné, d’un brun noirâtre à l’extérieur, blanc à l’intérieur. Tige dressée, fistuleuse, striée, rameuse, ayant atteint, dans nos cultures, environ 60 centimètres de hauteur. Feuilles radicales triternatiséquées ; feuilles caulinaires biternatiséquées, à segments étroits, linéaires, d’un vert foncé. Involucre et involucelle ordinairement quinquéphylles. Calice à lobes triangulaires aigus ; stylopodes coniques, surmontés par les styles persistants ; vallécules à une seule bandelette.

Nous avons reçu de M. Durando, professeur de botanique à Alger, des tubercules de Talruda que nous avons plantés au commencement de l’hiver et qui n’ont pas souffert du froid. Nous les avions prudemment protégés par un peu de paille, mais nous croyons cette précaution inutile.

En effet, M. le Dr Marès nous écrivait de Mustapha, le 5 juin 1881 : « Je ne suis nullement étonné que le Talruda ait bien passé l’hiver en France. Les montagnes de 1,500 à 1,600 mètres, en Algérie, ont souvent de la neige. Celles que j’ai devant les fenêtres de ma propriété ont de 1,500 à 1,700 mètres. Le sommet est couvert de Cèdres. J’ai vu la neige commencer en octobre et y rester sans discontinuer jusqu’à la fin d’avril. Tous les ans, j’y ai vu de la neige et il y fait des froids intenses. »

Aux questions que nous lui avons adressées, M. Durando a fait les réponses que nous reproduisons :

« Le Talruda que vous avez reçu a été récolté sur les montagnes de l’Arba. On le trouve sur toutes les montagnes hautes d’au moins 1,000 mètres, à Blidah, Téniet, etc.
Il se plaît dans un sol frais, ombragé, avec humus, assez communément sous les Cèdres. Ceux-ci ne se montrent guère qu’à partir de 900 ou 1,000 mètres, et, par conséquent, sur des montagnes de 1,400 à 1,500 mètres au moins.
Les gens du pays mangent les tubercules du Talruda crus, bouillis ou torréfiés, ad libitum. »
Nous reproduisons ci-dessous un intéressant article de M. J. Dugast, directeur de la station agronomique d’Alger(1), qui donne la composition chimique du tubercule et indique le parti que Ton en pourrait tirer :

« Les Arabes connaissent cette plante sous le nom de Talghouda.
Ils récoltent les tubercules, les font dessécher, les réduisent en farine au moyen d’un moulin portatif et consomment cette farine en mélange avec l’Orge, sous forme de galette. C’est ainsi que le Gouverneur général, dans le voyage qu’il a fait dans les contrées éprouvées par la disette, a pu constater que ces tubercules entraient pour une certaine proportion dans l’alimentation des indigènes.
A la demande de M. le Préfet d’Alger, j’ai examiné un échantillon de farine de Talghouda.
Voici sa composition :


  • Eau 15.66
  • Cendres: 5.50
  • Matières azotées 7.00
  • Matières grasses 1.34
  • Amidon et congénères 63.12
  • Cellulose. 6.40
  • Matières non dosées 0.98

Les grains d’amidon sont ovoïdes ou irréguliers, quelquefois réunis en petit nombre, deux, trois ou quatre, formant des grains composés. Ils sont de dimensions variables. Les plus nombreux mesurent de 4 à 8 millièmes de millimètres de diamètre : certains, les plus gros, atteignent 15 à 20 millièmes de millimètres.
La composition immédiate de cette farine se rapproche assez de l’Orge ; elle est moins riche en matières grasses, mais contient à peu près la même proportion d’amidon.
D’autre part, si on compare ces résultats avec ceux de la Pomme de terre au même degré de dessiccation, on voit que cette dernière est plus riche en amidon et plus pauvre en matières azotées et matières grasses.
La farine de Taghouda constitue donc un aliment d’une certaine valeur nutritive, intermédiaire entre l’Orge et la Pomme de terre. »
Nous avons dégusté ces tubercules et nous les avons trouvés parfaitement comestibles, mais d’une saveur médiocrement agréable.

La plante n’a pas prospéré chez nous, le sol dont nous disposions étant trop sec.

La récolte ne peut se faire que tous les deux ans; les tubercules de première année sont encore trop petits pour être utilisés.

Au surplus, nous considérons comme très incomplète l’expérimentation à laquelle nous nous sommes livrés, et nous conseillons de la poursuivre en semant le Talruda sur la lisière des bois. On utiliserait ainsi des terres laissées en friche.

Source: https://uses.plantnet-project.org/fr/Talruda_d%27Alg%C3%A9rie_(Potager_d%27un_curieux,_1899)

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